Vanuatu

– le Vanuatu (“République de” en entier), c’est les (ex) Nouvelles-Hébrides. Ses habitants sont les Vanuatais ou Ni-Vanuatu (Ni-Vans pour les intimes)

– archipel d’un peu plus de 80 îles volcaniques, à 17° sud de latitude, à 540 km de Nouméa (qui est à 22° sud – sorry I’m in a “number” period)

– colonisé par les Européens au 18ème, revendiqué et dirigé alternativement par les Brits et les Frenchies jusqu’en 1906, date de la mise en place d’un condominium franco-brit qui sévira jusqu’à l’indépendance en 1980

– peuplé par des Mélanésiens (comme les Papous et les Kanaks) à 98%. Le reste : Occidentaux, Chinois, descendants de Viets

– 3 langues officielles : bislama (créole local, se prononce bishlama), anglais et français. Tout le monde en ville (= à Port Vila, la capitale) parle bislama et anglais

– ravagé par le cyclone Pam en mars 2015, l’archipel se remet du passage de ce cauchemar qui dura 4h30, vents à 330 km/h et pluies diluviennes. De l’avis général, la vie est “back to normal” mais les traces de Pam sont encore visibles.

J’avais rencontré 2 ou 3 personnes originaires du Vanuatu, venues s’installer en NC une fois adultes. “Le paradis, c’est au Vanuatu” disaient-elles à la Zor’ découvrant la NC que je suis. Et je dois dire qu’elles ont un peu raison. 

J’ai discuté pas plus tard qu’il y a une demie-heure avec une Française qui en revenait tout juste et était choquée, remuée par la pauvreté des Ni-Vans. J’ai toujours beaucoup de mal avec ce genre de réflexions venant de la part d’Occidentaux riches (je me considère comme riche), éduqués et bien portants. Premièrement parce que la pauvreté des anciennes colonies, qu’elles soient françaises, portugaises, espagnoles, anglaises, hollandaises, etc. ces peuples et territoires la doivent justement à leurs anciens colons qui ont asujetti et soumis les autochtones à leurs moeurs, cultures, pratiques et religions, pillé leurs ressources et se sont appropriés leurs terres. Relégué à un rang inférieur à celui de l’homme blanc omnipotent, va faire fortune et sortir de la pauvreté dans laquelle il te maintient ! Deuxièmement parce que les critères et références d’évaluation de la pauvreté sont ceux d’une Française (Parisienne, en plus) ayant vécu toute sa vie dans le confort d’une vie occidentale. Bref. Oui, pour quelqu’un qui considère comme le minimum vital acquis un toit en dur, l’eau courante, l’électricité, le lave-linge et une penderie bien remplie, les Vanuatais sont pauvres. Très pauvres, même. 

C’est bien sûr en train de changer mais le Vanuatu peut se targuer de ne produire que des fruits et légumes bio. L’agriculture locale n’est pas industrialisée du tout, et les producteurs n’ont pas les moyens d’acheter pesticides et autres engrais chimiques. Pour le moment. Un tel Eden attire les convoitises et tout le monde est sur les rang, Chinois et Aussies en tête. Déjà bien présents dans l’archipel, il y a fort à parier que la donne va changer dans les années qui viennent. Pour le mieux ? Mmmh… really?

Le train est déjà un peu en marche en fait. “On” a appris aux Vanuatais à dépasser le cadre du potager familial, à produire et récolter sur de plus grandes parcelles pour pouvoir vendre et tirer un revenu du surplus non consommé. Les doudous présentes 24h/24 (oui oui, elles dorment sur place !) au marché de Port-Vila vendent des produits magnifiques et sains. On est encore loin des hectares de patates bretons, et pourvu que ça dure !

Des Occidentaux bien intentionnés veillent au grain et font en sorte que leurs activités servent d’abord les Vanuatais, comme par exemple Tanna Coffee, qui regroupe les producteurs de café de l’île de Tanna. En plus d’être fair trade et – natürlich – bio, c’est aussi le meilleur café du monde. Étrangement on n’en trouve pas en Calédonie. Protectorat, tu dis ?

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Happy Vanuatu!

Le Vanuatu, c’était en juillet dernier ! Quelques photos supplémentaires à venir…