Miscellanées de décembre

Malabou, près de Poum

Net élargissement de mon vocabulaire local, merci le séjour en province nord : 

  • yossi ! / l’engin ! (lôngin) / l’enculé ! (lakilé, lôngulé) / bourre-le : expressions classées par élégance croissante pour signifier à son interlocuteur sa surprise “ça alors”,  “mais bien sûr”, “dans tes rêves”, “c’est ça, ouais”. C’est vulgaire pour des Zor’, mais parfaitement colloquial localement. Possible marge de progrès en terme de communication non-violente : illimitée.
  • bomec ! / bombarde ! : pas encore bien cerné la signification exacte de ces interjections, la plupart du temps précédées de “hé” (comme “l’engin” et “l’enculé” d’ailleurs). Au premier abord, ça semble vouloir dire “ben dis donc !”
  • ceb : raccourci pour “c’est bon, c’est fait”
  • tal / toul / taltoul : raccourcis pour “à tout à l’heure”
  • la vieille / le vieux : ne pas prendre mal le fait de se faire interpeler “hé la vieille, tu me ramènes un panini crevettes-bacon ?”, c’est affectueux et dépourvu de nuance péjorative. Ça chatouille un peu, hein ?
  • utilisation non systématique des pronoms possessifs : “regarde dans le tiroir à lui”, “c’est le pick up à eux”
  • olé : du drehu (langue de Lifou) oléti = merci


    Survol de la barrière, quelque part entre Nouméa et Koné

    Kalédo news + edit

    Suivez l’actualité calédonienne, ça chauffe. Blocages routiers, sud de Nouméa complètement isolé, dégradations des installations et voirie publiques, accident mortel sur un des barrages routiers… c’est le bronx depuis une semaine, le conflit dure depuis 3 semaines, pas de rentrée scolaire demain sur Nouméa et le grand Nouméa. Le ton va monter, à en croire les différents protagonistes, sans compter tous ceux exaspérés par cette situation.

    NC 1ère
    NCI sur fb
    La gendarmerie sur fb
    Radio Cocotier

    Edit du 25/08 : comme par enchantement, les blocages et barrages ont été levés et dès hier, la circulation était de nouveau normale. La rentrée s’est faite ce matin sur Nouméa et le Grand Nouméa. Pourquoi, comment ce revirement soudain ? Que s’est-il passé ? No clue, but strange enough… on nous cache tout, on nous dit rien.

    Kéblo

    Drôle d’ambiance à Nouméa, isolée du reste de la Calédonie, vidée de la quasi totalité de son habituelle population laborieuse. La ruche ne bourdonne plus, les rouleurs sont passés à la vitesse supérieure dans le conflit qui les oppose aux autorités de tous poils. Sauf urgence et personnel médicaux, ou avion à prendre, billet à l’appui, personne n’entre ou ne sort de Nouméa.
    Très facile de bloquer les accès à et depuis la ville. C’est une presqu’île, desservie par 4 routes.

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    Côté pile

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    Côté face

    Au moins, c’est un vrai bonheur de circuler dans Nouméa.

    Miscellanées de juillet

    – Nouméa-centre est désert le samedi après-midi. C’est du coup un vrai plaisir de faire du shopping, à condition de viser les magasins ouverts, natürlich. Oublie la rue de la Ré à Lyon ou la place St Léger de Chambéry, si actives commercialement le samedi. Ici c’est morne plaine et c’est très bien.

    – aux abords des lycées, on trouve une quantité incroyable de voiturettes sans permis. Et la même quantité incroyable de lycéens au volant de ces petits bolides. Apparemment, ce n’est pas ringard du tout. Certaines ont même l’air d’être faites maison, avec leur look de buggies.

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    Aussi tendance que le chappy de mes années lycée

    – le prix du carburant n’est pas affiché dans les stations services. Pas la peine, c’est le même partout.

    – le service de gamelles : tout un concept. Sous-traiter ses repas à une entreprise dont c’est le métier. Livrés où on le souhaite ou récupérés sur place, pour toute la famille au quotidien ou juste pour le dej au boulot, les repas préalablement choisis sont mis en barquettes et zaïïï ! Une véritable institution.

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    Un des nombreux fabricants de gamelles

    – dans le grand hall du pôle emploi local (le SEP), pour faire patienter agréablement les chômeurs, il y a une télé, branchée sur la chaîne Voyage, avec, le cas échéant, des émissions de Jamie Oliver. J’ai donc patienté agréablement.

    – patientait aussi le cliché de l’homo erectus modernus pacificus : un couple de jeunes probablement dans la vingtaine, visiblement wallisiens, très grands, très baraqués, très en surpoids, avec chacun une bouteille de soda orange. Sad, sad world… où l’embonpoint (et le pick up king size) est culturellement un signe de réussite, au détriment de la santé.

    Dur dur d’être bobo

    Faire ses courses alimentaires en NC à Nouméa ressemble pas mal, à première vue, à la même activité en métropole.
    Hyper- (2) et supermarchés, marchés, magasins bio, ADC CDC… La facture est évidemment bien plus salée (je parlerai des prix une autre fois) mais il est possible de consommer et manger à la française dans la capitale calédonienne. En gros. Parce que si vous n’aimez QUE les BN à la framboise, too bad, y en a pas. Sevrage sauvage, c’est ça aussi.
    Les enseignes hyper/supermarchés étant les mêmes qu’en France, les produits vendus sont les mêmes, comprendre importés. Oui, même la pâte feuilletée Casino vient en avion.

    Grâce à la présence d’une importante communauté asiatique (vietnamienne, indonésienne entre autres), le rayon cuisine asiat’ est particulièrement bien achalandé. A part pour du lait de coco et du soyou, je ne suis pas (encore) une cliente émérite.
    Grâce à la proximité de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, on trouve aussi bon nombre de produits de ces pays, notamment de l’excellente viande NZ et du peanut butter OZ. Ça me fait toujours sourire de voir Brioche Pasquier et Vahiné côtoyer Uncle Toby’s et McKenzie’s dans les rayons. Je ne sais pas trop si c’est pour la clientèle touristique australo-néo-z et japonaise, voire parfois américaine, que ces produits sont disponibles dans les supermarchés nouméens, ou s’ils ont un vrai succès parmi les Calédoniens.
    Je fais mes courses au supermarché le plus proche de face à la gare maritime, celui-là même qu’il faut fuir les jours ou un paquebot plein de pokens fait escale à Nouméa. En tout cas “ici, produit US” semble être un argument marketing valable.

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    Moulti-coultourel !

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    Personnellement, je ne regarde pas à la nationalité de la marque, mais plutôt à la provenance du produit. Pas évident de s’assurer qu’on consomme de la qualité lorsqu’on achète un produit australien, même estampillé organic. Pas (encore) de vrai label bio en Calédonie d’ailleurs. Je me rabats donc sur les produits AB importés, qu’ils soient de marques de distributeurs ou d’une “vraie” marque bio.

    Lorsque je ne trouve pas un produit bio en supermarché ou que j’ai un accès de zerowaste (my hero !), je tente ma chance dans une des enseignes bio de la ville, surtout pour du vrac. Là aussi, mêmes marques et produits qu’en France, que ce soit pour les cosmétiques, l’entretien ou l’alimentaire. On se croirait chez Satoriiiiiz. Par rapport à la métropole, j’ai cependant nettement revu à la baisse mon seuil de tolérance et je consomme moins de produits bio, la faute à un grand classique propre à tous les territoires outre-mer : la vie chère.

    Autre “problème” quand on habite sur une île particulièrement isolée de son pays de “tutelle” et qu’on arrive dudit pays de tutelle où tout est disponible en un claquement de doigts ou un clic de souris, c’est qu’on se trouve confronté à la rupture de stock, au rayon vide. “Prochain bateau dans 3 semaines” ou “Ce produit est contingenté, on en reçoit une fois par trimestre”. C’est comme ça. Casse pas la tête.

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    Y en a plus

    Tout ça pour dire qu’hormis la disponibilité aléatoire de certaines denrées, le choc culturel n’a pas lieu dans les rayons épicerie des supermarchés nouméens.

    A suivre…

    Miscellanées de février

    2-3 trucs un peu futiles, particuliers à la NC, qui ont interpelé mes capteurs de Zor’ fraichement débarquée (par rapport à la métropole en tout cas, peut-être que c’est aussi le cas dans d’autres îles) :

    – on ne dit pas tongs en parlant de flip-flops, on dit claquettes. En Polynésie, c’est savates. Paie ta sexytude

    – on met tes achats dans des poches, ou pochons s’ils sont petits. Bon si tu demandes un sac, on te comprend aussi. D’ailleurs le sac plastique a encore un bel avenir ici

    – le cerf est une viande locale ultra courante. Steaks de cerf, saucisse de cerf, sauté de cerf… La NC est un pays où on chasse beaucoup. Néanmoins, je n’ai pas encore goûté

    – la coriandre est souvent appelée persil chinois. Possible que ça ne soit pas exclusivement calédonien comme appellation ceci dit

    – pour s’extasier, exprimer un extrême contentement, on peut ajouter fin, genre “mmmh, c’est fin bon, ta saucisse de cerf”. Et alors quand c’est vraiment topissime super chouette, tu peux dire “fin valab’ !”

    – on peut aussi dire net, ou choc, pour dire cool, super. “Je te ramène ton paddle board ce soir, ça te va ?” “Net !”

    – on ne dit pas se baigner, mais baigner tout court. “Si on allait baigner cet aprem ?”
    Idem pour se balader/balader

    – elles sont peut-être arrivées en France aussi, mais je n’en ai vues qu’ici : des voitures de marques Great Wall (Voleex) et Chery (Kimo), chinoises, je suppute

    – à propos de voitures, les 4×4 et pickups sont légions. Enormes de préférence, natürlich. C’est culturel (oh really ?). Les Caldoches, les Kanaks, les Wallisiens, les Zor’, les Tahitiens, tout le monde veut son gros signe extérieur de richesse et de réussite, sa Rolex, quoi. Ok, il n’est pas necessaire de sortir de Nouméa pour trouver des routes moyennement carrossables. M’enfin bon…

    – il est extrêmement courant de voir des gens marcher le long ou carrément traverser la rocade à pied. Oui oui, la rocade, l’autoroute, la voie rapide, 2×2 voies. Tu te vois traverser la rocade sud de Grenoble ou la rocade est de Lyon à pied ? Moi pas.

    – jamais vu ailleurs et surtout pas en France, les péages (il y en avait 2, à l’entrée de Nouméa) ont été supprimés au 1er janvier 2014. Les guitounes ont été démontées. Et hop, 150 xpf (1,25 €) d’économisés par trajet

     

    Sunset sur la marina de Port Moselle